Que sont les ostracodes bioluminescents de Bonaire ?


Notre première observation des ostracodes bioluminescents à Bonaire. Nos impressions.


Un vrai cadeau pour des N2

Bonaire, mars 2018. Au large du Venezuela, Antilles Néerlandaises. Caraïbes.

Nous venons d’avoir notre niveau 2 et notre carnet indique 50 plongées. Nous partons en vacances à Bonaire pour la première fois et en bonne compagnie, puisque William notre premier copain plongeur part avec nous. Il est N2 lui aussi, mais avec deux fois plus de plongées. C’est grâce à lui ce voyage en fait, car il nous offre les billets d’avion avec ses miles, un genre de superbe deuxième cadeau pour notre mariage quelques mois auparavant, en octobre 2017.

Nouvelles prérogatives

On fait quelques plongées encadrées d’abord, afin d’avoir les recommandations d’un moniteur expérimenté au sujet des spécificités de Bonaire. Que ce soit au niveau de la faune ou des configurations de plongée présentes autour de l’île, on veut connaître un maximum de choses. On a bien retenu de notre niveau 2 qu’il ne faut pas plonger n’importe où et sans information. Nous sommes fiers de nos nouvelles prérogatives de PA20, alors quand le directeur de plongée du centre nous l’accorde, on a super hâte de partir en autonomie. On découvre alors avec une immense joie les sites départ du bord de Bonaire. Tous les trois très appliqués, on prépare nos plongées avec soin, on se fixe des limites très raisonnables. PA20 certes, mais les fonds de Bonaire sont magnifiques entre 10 et 18m aussi.

Les ostracodes bioluminescents de Bonaire

Et puis un jour, le moniteur PADI qui habite juste à côté de notre hébergement, nous parle du plancton bioluminescent, couramment appelé sur l’île « Ostracod ». Well, c’est qu’on ne connaît pas bien tout cela encore, nous… Il nous explique que c’est un phénomène encore inexpliqué de manière certaine par les scientifiques, qui se produit quelques jours après la pleine lune. Cela a rapport avec la reproduction de certains organismes planctoniques minuscules, appelés ostracodes bioluminescents « C’est absolument à voir ! », nous dit-il.

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C’est parti !

Par chance, on est pile dans la bonne période, 5 jours après la pleine lune. Ce soir, c’est parti, on tente ! Direction le site de Red Beryl, car il est très plat et sans aucun courant. Il est également assez à l’écart et loin de toute lumière artificielle pour être bien dans l’obscurité. Les indications sont claires : nous devons nous immerger au coucher du soleil. Nous positionner dans les 8-12m de profondeur, trouver un endroit propice avec des roches ou des formations de corail et puis attendre la nuit noire. A partir de là, nous devons patienter environ 15 minutes, lampes éteintes de préférence…

Quoi ? Vous avez dit lampes éteintes ?  Nous avons déjà plongé de nuit, certes, mais là… C’est-à-dire plonger tous les trois, seuls, dans la nuit noire, sans aucun phare… On l’a décidé, quand il sera le moment d’éteindre nos lampes, on se tiendra bras dessus, bras dessous, tous les trois, dans une ronde de solidarité et de réconfort.

Et la nuit devint noire…

Notre emplacement est parfait. Aucun risque de toucher quelque chose aux alentours et une belle vue sur un plateau de corail et de gorgones. L’excitation est palpable. Avons-nous bien préparé la plongée ? Serons-nous au bon endroit au bon moment ? William nous fait signe qu’il est maintenant l’heure d’éteindre nos lampes… Nous nous rapprochons afin de pouvoir se tenir par les bras comme dans notre plan initial… On presse les boutons pour éteindre nos lampes. On se cramponne tous les trois, bras entrelacés. Pendant quelques secondes, on se demande ce qu’on fait là… Et puis nos yeux s’habituent, on se rend compte qu’on voit presque bien avec la lune. On éclate de rire dans nos détendeurs. Plus besoin de nous tenir, nous avons l’air ridicule. Nous nous lâchons.

On attend encore, contemplant les reflets de la lune sur ces fonds très riches. On commence à voir une légère activité planctonique. Des espèces de plancton en forme de fourchette bleues fluo viennent me piquer légèrement les doigts. On bouge un peu les membres et on constate que ça commence à briller partout autour de nous, en réponse à nos mouvements. La bioluminescence arrive enfin. D’abord peu présente, on se demande si c’est uniquement cela qu’il y a à voir. Si c’est ça, c’est déjà super.

Et la lumière fut…

Et puis soudain, les gorgones et le corail se mettent à buller. A bien y regarder, ce ne sont pas des bulles mais des micro-organismes qui brillent de milles étoiles. Ils partent du fond et rejoignent la surface. On tourne la tête pour effectuer un 360° et le phénomène se produit partout. Tout autour de nous. Quelle splendeur. On se croirait dans le film Avatar, quand les esprits de l’arbre sacré envahissent la forêt enchantée. C’est magnifique… On a réussi ! On assiste avec émerveillement à ces quelques minutes de magie. Puis tout se calme, les lumières se font soudainement plus rares. Tout redevient normal.  La plage est à environ 50 mètres. Nous décidons alors de rentrer sans nos lampes, puisque nos yeux se sont parfaitement habitués et peuvent nous guider grâce à la lueur de la lune.

06 mars 2018 : le jour où nous avons passé un cap

Une fois arrivés sur la plage, nous nous déséquipons en silence, encore sous le charme de ce que nous venons de voir. Quand soudain, on s’esclaffe : « on l’a fait ! », « on a passé un sacré cap là : plongée de nuit en autonomie, dans le noir complet et sans phare, eh ben ! » William ajoute alors dans un dernier éclat de rire : « et sans se tenir bras dessus, bras dessous, pendant toute la plongée, en plus !».


Et pour en savoir plus sur les ostracodes bioluminescents de Bonaire :

Si vous lisez l’anglais, on vous invite à lire cet article de Marlies Wolters, assez complet : Dive O’Clock.


Bonaire en vidéo

Pour vous immerger avec nous à Bonaire, regardez cette vidéo :

miniature youtube bonaire

A propos de notre vidéo :

Seacret Dive

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